Cancer de la prostate localisé : la radiothérapie stéréotaxique équivalente à la chirurgie.

4 commentaires
Barajda

 Dépêche intéressante de l'agence de presse médicale

BOSTON, 29 septembre 2026 - Il est possible de remplacer la chirurgie par une radiothérapie stéréotaxique pour les patients présentant un cancer de la prostate localisé à risque faible ou intermédiaire opérable, lefficacité à long terme étant comparable, selon une étude de phase III présentée lundi en session présidentielle du congrès de l'American Society for Radiation Oncology (ASTRO).

Dans ce contexte, "le choix du traitement est particulièrement important car ces hommes ne sont pas destinés à mourir de leur cancer, alors leur qualité de vie après traitement est un élément clé à prendre en compte dans la décision", a rappelé le Pr Nicholas van As du Royal Marsden Hospital NHS Foundation à Londres.

Pour cela, éviter la chirurgie semble préférable, mais il n'y avait jusqu'à présent pas d'étude randomisée comparant la prostatectomie radicale à son remplacement par une radiothérapie stéréotaxique.

C'était donc l'objet de l'étude britannique de phase III PACE-A, conduite auprès de 123 patients présentant un cancer de la prostate localisé (stade T1c-T2c) à risque faible ou intermédiaire (score Gleason ≤ 3+4, PSA ≤ 20) éligibles à la chirurgie, et randomisés entre la chirurgie et une radiothérapie stéréotaxique (à 36,25 Gy répartis en cinq fractions).

Après un suivi médian de huit ans, il n'y a aucune différence entre les deux groupes ni sur la survie globale, ni sur la survie sans récidive biochimique ou clinique.

À cinq ans, 98 % des patients des deux groupes étaient encore en vie et à huit ans, ils étaient 95 % parmi les patients irradiés et 92 % parmi les patients opérés.

En parallèle, 95% des patients irradiés et 94 % des patients opérés étaient encore en vie sans récidive biochimique ou clinique à cinq ans. Mais il y a à huit ans un léger bénéfice numérique en faveur de la radiothérapie (91 % vS 84 %), qui repose néanmoins sur un nombre faible d'événements et n'atteint pas la significativité statistique.

Les toxicités gastro-intestinales et génito-urinaires ont été aussi fréquentes dans les deux groupes.

Mais les patients opérés étaient bien plus nombreux après cinq ans à utiliser des protections urinaires (48% vS 8%). Ils présentaient également des fonctions sexuelles significativement moins bonnes que les patients irradiés.

Ces résultats viennent compléter ceux de l'étude PACE-B, conduite chez des patients avec un cancer de la prostate localisé à risque faible ou intermédiaire mais non éligibles ou refusant la chirurgie. Cette étude a montré l'efficacité de la radiothérapie stéréotaxique à cinq séances par rapport à une radiothérapie conventionnelle 

Image profil par défaut
ginrek

Bonjour Baradja ,

J'espere que tu vas bien .

Merci d'avoir transféré ce résumé de publication,

La radiothérapie stéréotaxique est déjà bien implantée en France : on me l'avait proposé (j'avais décliné en raison d'une vessie instable avant tout traitement ).

C'est sûr que 5 séances c'est mieux que 33.

Son principe paraît plus protecteur des organes de voisinages .

Néanmoins 2/3 choses m'étonnent dans cet article

Je n'ai toujours pas compris comment on peut classifier en T une prostate sans l'examiner complètement : moi meme entre la biopsie et l'histologie de la prostatectomie je suis passé de t2a a t2c.

Les informations sur les sequelles sont étonnantes : ok pour les 8% incontinents après radiothérapie mais quid des 48 % chez les prostatectomisés ?Ce chiffre est inhabituel.N'y aurait il pas un «  biais «  de recrutement ?Une virgule oubliée?

Quant aux fonctions sexuelles rien de nouveau : on sait que les irradiés n'y échappent pas .

Mais il est toujours bon de constater que les publications qui se succèdent confirment les resultats des traitements : cela veut bien dire que la vérité est là .

Cordialement

Marc


 

Barajda

Tu as raison le chiffre de 48% de patients utilisant des protections 5 ans après la PR est étonnant. 

L'étude ne portait que sur 123 patients et cela évoque un biais possible dans le recrutement. 

B

Greg+

Bonjour les amis j'espère que vous allez bien info intéressante !! merci pour le partage

Et vous vous en etes ou ???la forme jespère 

 

Image profil par défaut
VINCENTP

Merci Barajda pour ce partage, vraiment très intéressant 👍🏼

Je crois beaucoup à cette évolution et, très sincèrement, si j’avais disposé de telles données et de cette alternative lorsque j’ai dû choisir mon traitement à 50 ans en 2022, je pense que la décision aurait été encore plus difficile… et que j’aurais probablement été très tenté par la stéréotaxie.

J’ai depuis eu l’occasion d’y « goûter » à deux reprises, pour traiter deux petites récidives très ciblées. Évidemment, ce n’est pas exactement la même indication que l’irradiation d’une prostate entière, en première intention, mais j’ai été assez bluffé par cette technique : quelques séances extrêmement précises, après la pose d’un fiduciaire (« grain d’or) et, dans mon cas, vraiment aucun effet secondaire notable.

Le contraste a été assez net avec la radiothérapie conventionnelle de rattrapage que j’avais reçue auparavant sur la loge prostatique et le pelvis, beaucoup plus étendue, qui m’avait occasionné davantage de désagréments.

Et ce qui est intéressant, c’est que dans le centre où je suis suivi, je croise désormais des hommes auxquels la SBRT est proposée d’emblée pour traiter leur cancer localisé. À la lumière de PACE-A, je trouve que c’est une vraie chance supplémentaire pour les patients qui y sont éligibles : non pas parce que la chirurgie deviendrait un mauvais traitement, elle reste extrêmement efficace mais parce qu’ils peuvent désormais arbitrer entre 2 approches curatives avec des données à long terme, notamment sur leurs conséquences urinaires et sexuelles.

La seule réserve que je garderais à l’esprit concerne la stratégie de rattrapage en cas de récidive : après chirurgie, la radiothérapie de rattrapage est une voie aujourd’hui très bien balisée ; après irradiation, une prostatectomie de rattrapage reste possible chez certains patients mais elle est plus complexe et ce n’est pas la seule option.

Bref, pas de traitement miracle ni de solution universelle, mais une possibilité supplémentaire de choisir en connaissance de cause. Et quand on connaît le poids que peuvent avoir les séquelles fonctionnelles chez des hommes encore jeunes, c’est à mes yeux une avancée vraiment importante.

Ravi de cette reprise de contact

Vincent 

Ecrire un commentaire

Pour écrire un commentaire ou lancer une nouvelle discussion vous aurez besoin de vous connecter ou de créer un compte.

Les intervenants du forum

Admin forum
Camille Flavigny
Directrice Droits et soutien des personnes
Dr A.Marceau
Médecin, chargé des questions médicales
Conseiller technique Aidea
Accompagner pour emprunter
Back to top