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Bonjour/Bonsoir tout le monde
Sachez tout d'abord que vous ne me connaissez pas, je ne passerais pas éternellement sur ce forum mais pendant ces deux dernières années, il m'a été d'une grande aide.
La raison est simple, ma mère a été diagnostiquée d'un cancer du poumon il y a deux ans de cela, suite à une toux persistante après une opération qui n'avait rien à voir. Le chirurgien, lorsqu'il a regardé sa cicatrice, a remarqué qu'elle toussait beaucoup alors il l'a envoyé voir aussitôt la pneumologue deux étages plus bras. Après des examens, nous avons découvert qu'elle avait une masse sur le poumon droit. Au début, l'opération a été envisagée mais ma mère ayant déjà un handicap au dos et étant peu sportive après 48 ans de tabagisme (Elle a commencée à 14 ans et le cancer fut découvert à ses 63 ans) l'opération a été abandonnée. Ensuite vous devinez le parcours : Chimio - Immuno - IRM cérébral qui ne montrait rien d'effrayant. Elle avait deux petites métastases, une au foie et une à la glande surrénale droite mais ces deux morceaux minuscules n'ont pas bougés en deux ans. D'après son oncologue, un docteur très doux et très compétent, elles se sont détachées de la tumeur mère (le poumon donc) et n'évoluent plus.
En août 2025, ma mère a fait sa dernière chimio officielle, la tumeur mère était nécrosée, tout le monde était heureux dû à la bonne nouvelle. Sauf que le lendemain, "l'enfer" a réellement débuté, si je peux m'exprimer ainsi. Elle a fait un choc sceptique dû au port-a-cath qui s'est infecté. Nous sommes passés proches de la perdre puis les mois se sont enchaînés, les infections aussi et en janvier 2026, elle et moi nous avons fait un COVID long. Je pense que ce cancer en a profité pour faire une poussée. Elle a encore terminée à l'hôpital pour recevoir des antibiotiques par intraveineuse sauf qu'à l'examen suivant, le cancer avait fait une poussée et surtout, il y avait maintenant des métastases cérébrales. Petites mais bien là... Et cette nouvelle + les aller-retour fréquent pour des infections, a commencé à toucher le moral de ma mère qui, jusque là, se montrait aussi forte qu'une lionne.
Elle a été traitée par radiothérapie, les masses ont réduit, en juillet 2026 l'IRM présentait une réduction des masses ce qui a provoqué de la joie en nous, sa famille et en elle. J'ai pensé que le cancer nous offrait, dans toute son horreur, un été de paix ainsi nous avons un peu profité malgré la fatigue, car ma mère est épuisée et moi, son aidante, je commence aussi à accuser le coup à présent. L'été fut doux mais avait un goût de dernier, je pense pouvoir dire sans aucune joie, que j'avais raison.
L'IRM cérébral de septembre étant flou, la seule chose qui fut mentionnée c'est l'évolution du cancer au poumon. Alors là, l'oncologue a eu lors d'une nouvelle hospitalisation pour infection, la lourde charge d'annoncer à ma mère que la chimiothérapie par intraveineuse ne servirait plus à rien alors, nous sommes passés par chimiothérapie en cachet. De confort, en somme. Elle a compris que le pronostic était de plus en plus sombre après deux ans de bataille.
Elle est rentrée à domicile, a fait sa chimio par cachet pendant une semaine puis petit à petit, elle a présentée des difficultés à trouver le sommeil, des pertes de mémoire, de la confusion. Et le lundi 12/10, elle m'a fait une crise de paranoïa/démence avec tout ce que ça implique. Tout le monde voulait lui faire du mal, elle était en danger, j'en passe et des meilleures... J'ai dû la faire hospitaliser avec l'accord de l'HAD présent depuis 2 ans. D'abord les médecins ont suspectés une crise d'épilepsie mais sans les convulsions, un traitement a été donné sauf... Que ça ne fonctionne pas. Elle oscille encore, de plus en plus, entre la confusion, la paranoïa, les discours incompréhensibles et la déprime profonde. Dans quelques heures, elle va passer un IRM cérébral et je pense, je ne me voile pas la face, qu'il va montrer que dans son esprit, les masses sont parties dans tous les sens.
Voir ma mère dans cet état, une femme coquette et précieuse, me fait mal au coeur. Dû à son handicap du dos, je m'occupe d'elle depuis 17 ans mais depuis 2 ans non stop dû à son cancer. Un choix que ma femme n'a jamais critiqué, surtout que ma mère vivait avec nous avant de devoir être hospitalisée. Voilà 1 an que je suis son aidant reconnu à hauteur de 7h par semaine sous prétexte qu'elle vit avec moi. Une blague à mon humble avis car au bout d'une heure, je ne cesse pas d'être son aidant, d'être sa fille. Mais bon, on ne fait pas cela pour s'enrichir mais uniquement pour être un minimum reconnu ! Tout le monde ne comprend pas mon choix de m'occuper d'elle, on me dit que justement j'avais le choix de ne pas le faire... Mais non, je ne l'avais pas. C'est maman après tout, comment la laisser passer cela toute seule ? Comment la laisser dans son handicap ?
Maintenant, 2 ans après le début de la maladie qui la ronge et qui va l'emporter, je suis fatiguée. Je ne la reconnais plus, j'essaye de me dire que ce n'est pas elle quand elle use de méchanceté et j'en viens à espérer qu'elle parte dans son sommeil, sans souffrir. Cette maladie nous fait attendre la fin de ceux que l'on aime, justement dans l'espoir de ne plus les voir souffrir. C'est horriblement cruel. Et terriblement culpabilisant.
Je ne sais pas si mon petit témoignage sera lu mais en tout cas je voulais vous dire merci. Dr Marceau, Rob et tous les autres membres car, sans être inscrite ici, je venais souvent voir vos messages, vos expériences pour trouver un peu d'espoir quand j'avais l'impression qu'il n'y en avait plus. Ce soir, alors que le sommeil me quitte, je me décide à m'inscrire et à poster aussi pour vous dire merci du fond du cœur.
Cette maladie est un fléau qui emporte ceux que l'on aime alors profitons en pour leur dire que nous les aimons justement. Il n'est jamais trop tard pour le dire, même si en face on ne nous répond pas par pudeur ou parce que la parole est oubliée. J'ai gagné deux ans avec ma mère grâce aux traitements, sans cela elle ne serait déjà plus là. Je ne sais pas quel est le diagnostic à venir pour elle, je me doute que cette saleté qui dévore son esprit ne va pas la laisser en paix et que cela va devenir de pire en pire. Des jours, des semaines, un mois ? C'est la surprise... Et j'ai toujours eu horreur des surprises.
Merci tout le monde, prenez soin de vous, gardez espoir et la foi, pour ceux qui l'ont.