Cancers masculins et tabac : un même enjeu de prévention
La prévention des cancers masculins bénéficie d'une visibilité grandissante, notamment au mois de novembre à travers des initiatives comme le Challenge des Gentlemen. Portée par certains comités de la Ligue, cette mobilisation est l'occasion de rappeler qu'au-delà de la sensibilisation aux cancers qui touchent spécifiquement les hommes, la prévention passe également par la réduction des facteurs de risque évitables, dont le tabac occupe la première place.
Un lien à ne pas négliger pour améliorer la prévention
Le cancer de la prostate, premier cancer masculin avec près de 60 000 nouveaux cas par an, illustre bien la complexité de ce lien. Si le tabac ne semble pas augmenter le risque global de développer un cancer de la prostate, plusieurs études suggèrent qu'il pourrait être associé à des formes plus agressives et à une mortalité plus élevée. À ce jour, il n'existe pas de dépistage organisé pour ce cancer et, en cas de questionnement ou de symptôme, le meilleur réflexe reste d'en parler à son médecin.
Pour d'autres cancers masculins, le lien avec le tabac est cependant clairement établi. C'est le cas du cancer du poumon, deuxième cancer le plus fréquent chez l'homme et le plus meurtrier, dont près de 80 % des cas sont attribuables au tabac. Le tabagisme est également reconnu comme un facteur de risque du cancer colorectal, troisième cancer le plus fréquent chez l'homme.
Le cancer de la vessie, trois à quatre fois plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, constitue un autre exemple marquant : le tabac en est le principal facteur de risque et serait impliqué dans près d'un cas sur deux. Même pour des cancers plus rares, comme ceux de l'anus ou du pénis, principalement liés à une infection par le papillomavirus humain (HPV), l'arrêt du tabac est recommandé afin de réduire le risque de développer la maladie.
Et le HPV dans tout ça ?
L'infection au HPV est très courante (80 % de la population mondiale). Dans 80 % des cas, le corps, grâce au système immunitaire élimine cette infection. Or, lorsque l’on fume, ce mécanisme est moins performant et les personnes ont donc un risque plus important de développer des cellules atypiques, précancéreuses et cancéreuse du au HPV. Il est à noter qu’il n’existe pas de traitement contre l’infection au HPV et pas de dépistage pour ces cancers.
L’arrêt du tabac est conseillé pour réduire les risques de développer un cancer par HPV[1].
[1] Cancers masculins - Être informé, c'est déjà prendre soin de soi
Novembre au comité des Hauts-de-Seine
François Gadré, responsable prévention.
En novembre, on parle tabac et cancers masculins, comment arrivez-vous à organiser vos communications pour traiter ces deux sujets à la fois ?
« Une communication commune avec un message transversal sur la prévention des cancers masculins et la réduction du tabagisme, facteur de risque de plusieurs cancers.
Dans la mesure du possible, nous intégrons les thématiques liées au tabac et à la nutrition dans les interventions sur les cancers de la prostate, du poumon, du côlon-rectum, de la vessie et du testicule. Nous avons également prévu une sensibilisation globale autour de la nutrition, de l'activité physique et des risques liés à la consommation de tabac et d'alcool. »
Considérez-vous ces deux sujets comme complémentaires ? Pourquoi est-ce important de combiner ces deux thématiques ?
« Les deux sujets sont complémentaires ou disons plutôt qu'ils ne sont pas incompatibles dans une communication d'ensemble. L’objectif est de combiner ces deux campagnes pour renforcer les messages de prévention du comité, en s’appuyant sur un écosystème de partenaires réunissant villes, entreprises, associations, institutions et professionnels de santé, afin de sensibiliser un public toujours plus large. »
Concrètement, quelles sont les grandes actions de prévention que vous déployez durant le mois de novembre ?
« Côté prévention, nous avons prévu plusieurs actions, notamment en digital (newsletters dédiées, campagne de sensibilisation sur nos réseaux sociaux, articles thématiques). Nous prévoyons également un kit de communication original et décalé autour de la cacahuète, accompagné de messages percutants : « t'es pas le seul concerné », « check tes cacahuètes ! Un petit contrôle, un grand geste pour ta santé ».
Sur le terrain, nous allons proposer 14 interventions autour du Mois sans tabac et 31 interventions pour les cancers du masculins, tout au long du mois de novembre ».
Novembre au comité des Côtes-d'Armor
Marie Berhault, infirmière et chargée de prévention.
En novembre, on parle tabac et cancers masculins, comment arrivez-vous à organiser vos communications pour traiter ces deux sujets à la fois ?
« Nous souhaitons profiter de ces deux temps forts pour rappeler que la prévention des cancers est une démarche globale. Nous organisons nos communications autour de messages complémentaires, en mettant en avant les facteurs de risque évitables, l’importance du dépistage et les comportements favorables à la santé.
Aborder le tabac c’est aussi informer sur l’un des principal facteur de risque de nombreux cancers et encourager les personnes qui le souhaitent à arrêter de fumer. En parallèle, c’est l’occasion de parler de consulter, de s’informer, d’en parler et de se faire aider. L’objectif est de proposer une communication accessible à tous, qui donne envie de prendre soin de sa santé sans multiplier les messages ni les rendre trop complexes et de favoriser les temps d’échanges. »
Considérez-vous ces deux sujets comme complémentaires ? Pourquoi est-ce important de combiner ces deux thématiques ?
« Oui, tout à fait ! Ces deux sujets s’inscrivent dans une même démarche de prévention. Le tabac est un facteur de risque reconnu de nombreux cancers, notamment ceux du poumon et du colon. Les cancers masculins nous permettent, quant à eux, d’aborder des sujets plus intimes, de libérer la parole, d’enlever les tabous et, c'est essentiel, de connaitre les symptômes à surveiller et l'importance d'un suivi médical.
Associer ces deux thématiques permet de rappeler que la santé ne se résume pas à une seule maladie ou à un seul comportement. Le corps humain fonctionne comme un tout : nos habitudes de vie, notre environnement et notre suivi médical sont autant d’éléments qui participent à notre santé. »
Concrètement, quelles sont les grandes actions de prévention que vous déployez durant le mois de novembre ?
« Nous proposons des sensibilisation dans le cadre du « Challenge des Gentlemen » auprès de différents publics, notamment en entreprise, dans les collectivités et auprès des jeunes et relayons le Mois sans tabac. Nous intervenons notamment à travers des stands d’information, des ateliers de prévention et des temps d’échange autour des facteurs de risque des cancers, des comportements favorables à la santé et de l’importance du dépistage.
Nous profitons également de ces rencontres pour informer sur les dispositifs d’accompagnement à l’arrêt du tabac et orienter les personnes qui souhaitent être aidées. Toutes ces actions sont gratuites pour les publics que nous rencontrons, grâce à la générosité des donateurs qui soutiennent les missions du comité des Côtes d’Armor. »
Novembre au comité de la Loire
Ophélie Montagne, chargée de prévention.
Considérez-vous ces deux sujets comme complémentaires ? Pourquoi est-ce important de combiner ces deux thématiques ?
« Oui, car le tabac a un impact sur tous les cancers et que certains hommes sont fumeurs. N’oublions pas que le tabac est le premier facteur de risque en France et qu'il est responsable de pratiquement 20 % des cancers. »
Concrètement, quelles sont les grandes actions de prévention que vous déployez durant le mois de novembre ?
« Nous organisons une rencontre régionale sur l’accompagnement des collectivités à la mise en place d’espaces sans tabac le 17 novembre. Nous menons des actions en entreprise comme de l’accompagnement vers l’arrêt du tabac pour les salariés d’une collectivité. Nous avons également eu la chance de recevoir la box de Santé publique France dans le cadre du Mois sans tabac en partenariat avec Promotion Santé et Addictions France. Sur le plan évènementiel, nous avons une action au sein d’un village en zone rurale intitulée le Mac’lember. Il s’agit d’une marche solidaire, il y aura un village prévention, l’occasion d’échanger sur le dépistage, la vaccination et la prévention des cancers masculins.
Depuis quelques années, avec la coordination Prévention AURA, nous avons la chance d’avoir mutualisé nos outils autour du Challenge des Gentlemen comme une vidéo sur l’autosurveillance des testicules et la mise en place en 2025 d’un défi régional sportif sur l’application Kiplin. »