Les crèmes solaires maison sont-elles de bonnes protectrices ?
Sur les réseaux sociaux ou les blogs bien-être, les recettes de crèmes solaires faites maison se multiplient. À base d’huiles végétales, de cire d’abeille ou d’oxyde de zinc, elles séduisent par leur apparente simplicité et leur côté “naturel”. Peut-on réellement protéger sa peau du soleil de cette manière ?
Une protection difficile à garantir
Fabriquer sa crème solaire soi-même ne permet pas de garantir une protection fiable contre les rayons ultraviolets (UV). Les produits solaires disponibles dans le commerce sont testés en laboratoire pour mesurer précisément leur indice de protection (SPF), leur résistance à l’eau et leur efficacité contre différents types de rayons. Ce niveau de précision est indispensable pour assurer une protection efficace.
À la maison, il est impossible de reproduire ces conditions. On ne peut ni vérifier le niveau réel de protection, ni garantir qu’il restera stable dans le temps.
Pourquoi une crème solaire ne s'improvise pas
Une crème solaire est un produit complexe, dont l’efficacité repose sur plusieurs aspects clés.
Les filtres solaires doivent être présents en quantité suffisante et répartis de manière homogène sur la peau. Or, les recettes maison ne permettent pas de maîtriser précisément ces paramètres.
Avant d’être commercialisées, les crèmes solaires sont soumises à des tests rigoureux :
- mesure du SPF ;
- protection contre les UVA et les UVB ;
- résistance à l’eau ;
- stabilité du produit dans le temps.
Ces tests ne peuvent pas être réalisés dans un cadre domestique.
Une étude américaine[1] publiée dans la revue Health Communication a analysé les publications consacrées aux crèmes solaires « maison » sur Pinterest. Les chercheurs ont constaté que la grande majorité des contenus présentaient ces produits de manière favorable et que plus des deux tiers des recettes proposées risquaient de fournir une protection insuffisante contre les rayons UV.
Les auteurs alertent ainsi sur le risque de diffusion d’informations trompeuses concernant la protection solaire sur les réseaux sociaux, susceptible d'encourager l’utilisation de produits moins protecteurs que les écrans solaires testés et réglementés.
[1] Pinterest Homemade Sunscreens: A Recipe for Sunburn. Julie Williams Merten, Kristi J. Roberts, Jessica L. King & Lara B. McKenzie. 21 mai 2019. Journal Health Communication.
Quelques chiffres de l'étude
68 % des recettes de crème solaire
épinglées sur Pinterest ne protègent pas suffisamment du soleil. Certaines ayant même un SPF de 2, tandis que les dermatologues recommandent un SPF minimum de 30.
48,7 % des recettes proposées
contiennent des huiles essentielles, ces dernières pouvant être photosensibilisantes et provoquer une réaction cutanée causée par une exposition aux rayons UV du soleil.
Comment bien se protéger du soleil ?
La priorité reste la sensibilisation aux gestes de prévention contre les risques liés aux UV, dans l’ordre suivant :
- éviter l’exposition directe au soleil, en particulier entre 12h et 16h, et privilégier les zones d’ombre ;
- porter des vêtements couvrants : chapeau, lunettes de soleil, tee-shirt manches longues, vêtements avec protection UV ;
- appliquer une crème solaire sur les zones découvertes, avec un indice de protection adapté, idéalement SPF 30 à 50 ;
- renouveler l'application toutes les deux heures, après la baignade ou en cas de transpiration.
Le soleil, un facteur de risque à ne pas négliger
Le soleil est souvent synonyme de plaisir, pourtant l’exposition aux rayons ultraviolets est le principal facteur de risque de cancers de la peau, type de cancers le plus fréquent en France. Ce dernier engendre, chaque année, entre 141 200 et 243 500 cas de cancers de la peau. 80 % de ces cancers sont liés à des expositions régulières et intenses, notamment pendant l'enfance et l’adolescence.
Face aux UV, le premier réflexe est d’éviter l’exposition et de privilégier l’ombre ainsi que les vêtements couvrants, le chapeau et les lunettes de soleil. La crème solaire, choisie parmi des produits conformes à la réglementation, ne vient qu’en complément sur les zones découvertes.