Paroles de personnes malades

Journée mondiale des lymphomes : témoignages de Clémence et Bérengère

Chaque année, le 15 septembre, partout dans le monde, cette journée est l’occasion de mieux faire connaître le lymphome, l’un des cancers du sang les plus fréquents. À l’échelle mondiale, les lymphomes est le 9e cancer le plus fréquemment diagnostiqué et certains de ses nombreux sous-types restent associés à une mortalité importante.

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Visuel actu lymphome
Titre du bloc 205v

Quelques chiffres du panorama des cancers 2026

Liste des chiffres-clés

195 cas de lymphomes

sont recensés sur les 1847 nouveaux cas de cancers par an (enfants de 0 à 14 ans).

135 cas de lymphomes

sont recensés sur les 450 nouveaux cas de cancers par an (adolescents de 15 à 17 ans).

Sensibiliser avant tout

La journée mondiale des lymphomes est une journée de sensibilisation dédiée aux lymphomes, un groupe de cancers qui affectent le système lymphatique. Cet événement vise à informer le grand public, les patients et les professionnels de santé sur ces maladies souvent méconnues, malgré leur incidence croissante. Il s'agit d'une occasion de mieux comprendre les symptômes, les traitements disponibles et l'importance d'un diagnostic précoce.

En France, le lymphome est le 5e cancer le plus fréquent, avec plus de 25 000 nouveaux diagnostics chaque année. Il est également le cancer le plus fréquent chez les adolescents et les jeunes adultes.

Derrière ces chiffres, il y a des patients, des proches, des parcours de vie et un besoin essentiel : mieux connaître les lymphomes pour mieux les combattre. C'est pourquoi la Ligue vous propose de découvrir l'histoire de Clémence et Bérengère, deux jeunes adultes ayant été touchées par ce cancer...

L'histoire de Bérengère

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Lymphome Bérengère

L'histoire de Bérengère

Les symptômes

« Je n'ai eu aucun signe avant-coureur. Le cancer c'est installé très rapidement, selon les hématologues. Après, il est vrai que j'étais fort fatiguée. Je me suis rendue compte que j'avais des bouffées de chaleur nocturne, mais je pensais que c'était hormonal. J'ai eu une grosse grippe mais c'était la saison.

Lorsque je suis partie au Vietnam, je suis tombée malade, j'ai eu des difficultés respiratoires qui m'ont inquiétée. À mon retour en Belgique, j'ai pris rendez-vous avec mon médecin traitant. À la base je pensais que c'était une pneumonie. Heureusement, mon médecin traitant a fait une prise de sang et c'est là que tout s'est enchaîné... »

L'annonce du diagnostic

« Mon médecin m'a appelée pour me demander de faire une scintigraphie d'urgence, elle pensait que je faisais une embolie pulmonaire. Je travaillais et j'ai donc été faire cet examen d'urgence. Une fois remonté dans mon service, j'ai reçu l'appel de mon médecin qui me disait que j'avais une masse derrière le sternum, assez conséquente (10.5 x 6.7 x 15.3 cm), qui comprime mon cœur et mon poumon. C'était le 20 février 2025.

J'ai vu les images et j'ai tout de suite compris que c'était grave. C'était si soudain que j'ai pleuré. Il était temps de l'annoncer à mes proches. »

Le parcours de soin et les changements au quotidien

« J'ai dû arrêter de travailler totalement, arrêter mon Master. Ma vie sociale a été anéantie à zéro, j'ai dû annuler de nombreux projets. Je suis rentrée en chambre stérile dans la foulée, les traitements m'ont longtemps laissée immunodéprimée. Je devais faire attention à voir le moins de gens possibles, non malades, en portant un masque. Je devais faire attention également à mon régime alimentaire pour personne neutropénique.

Avec ma nouvelle vaccination qui avance, la vie reprend petit à petit son cours normal. J'ai eu la chance d'être entourée de personnes formidables qui sont venus me rendre visite, avec qui j'ai échangé des messages, fait des visios, partagé des attentions... »

L'accompagnement des proches

« Mes parents étaient là, présents à chaque instant. Ils venaient aux visites tous les jours, m'apportaient des petits plats, des vêtements propres. Ils se sont occupés de mes papiers, des factures et de mon petit chien. Sans eux, le combat aurait été tellement plus difficile et compliqué. Ils étaient un support constant dans les coups de mou, juste par leur présence.

J'ai un frère (mon donneur) et une sœur aussi qui me rendaient visites et qui m'ont beaucoup apporté. Et les amis, qui ont toujours le petit mot pour me réconforter et me faire sourire. »

Le message de Bérengère

« Que tout fini toujours par passer ; la douleur, la tristesse, la solitude, la peur... Il est normal d’avoir peur, d’avoir des moments de doute ou de se sentir différent. Il faut essayer d’avancer un jour après l’autre et accepter de demander de l’aide quand on en a besoin. La maladie peut bouleverser beaucoup de choses, mais elle ne définit pas qui nous sommes ni tout ce que nous pouvons encore accomplir. Gardez espoir, entourez-vous de personnes qui vous font du bien et, surtout, soyez indulgents avec vous-mêmes. Parfois je me suis sentie seule, et les réseaux sociaux m'ont montré que le combat pouvait être gagné. »

L'histoire de Clémence

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Lymphome Clémence

L'histoire de Clémence

Les symptômes 

« Cela a commencé progressivement par des symptômes que je pensais bénins en tant qu'étudiante : fatigue, essoufflement et perte de poids. Je transpirais beaucoup la nuit et j'avais deux petites boules dans le cou. En juin 2024, j'ai consulté un médecin urgentiste pour ces ganglions, mais il a minimisé mes inquiétudes en disant que « j'étais jeune et que je n’allais pas mourir ». Avec le recul, c'est un point important : quand on est jeune, on a tendance à banaliser nos symptômes et les médecins font parfois de même. Il faut vraiment écouter son corps et ne pas hésiter à insister si on sent que quelque chose cloche. »

L’annonce du diagnostic

« J'étais en stage d’études au Canada en juillet 2024, dans un ranch au Saskatchewan. Au lendemain de mon anniversaire, comme les ganglions se multipliaient, ma "host mom" m'a emmenée consulter un médecin. Après trois questions, le médecin m'a annoncé qu'il était sûr à 90 % que c'était un lymphome et qu'il fallait rentrer en France. Je ne savais pas ce qu’était un lymphome. Le déni m'a immédiatement envahie. Le médecin a prévenu mes parents par téléphone. Je suis rentrée une semaine plus tard, avec la conscience naïve que c'étaient mes derniers jours "avant" la maladie. »

Le parcours de soin et les changements au quotidien

« J'ai poursuivi mes études en 4e année d'ingénieure malgré les traitements. Ce fut une adaptation constante, marquée par une grande fatigue. Socialement, le plus dur fut de renoncer aux soirées étudiantes, de porter le masque et de montrer mon crâne chauve en amphithéâtre. J'ai choisi de ne pas porter de perruque pour ne pas rendre cela tabou. Je sentais bien que le mot cancer était un peu le mot dont on ne devait pas prononcer, un peu comme Voldemort avec Harry Potter. Alors j’ai tout fait pour le rendre moins tabou. Mon copain m'a accompagnée sans faille, même lors de mes périodes d'aplasie. Mes animaux ont aussi été un soutien vital : malgré les recommandations, mon chat a continué de dormir avec moi, ce qui m'aidait énormément. »

L'accompagnement des proches 

« Mon copain et mes amis et mon famille ont été formidables. Ces derniers ont tout fait pour ne pas me laisser seule, m'épaulant dans l'administratif, la gestion des médicaments et les rendez-vous. Mon copain a été un soutien inébranlable, encaissant aussi les moments difficiles et les questions extérieures que les personnes n'osaient pas me poser directement. Mes amis, y compris ceux rencontrés pendant les soins, ont tout fait pour que ma vie reste la plus "normale" possible. »

Le message de Clémence 

« Je leur dirais qu'ils ne sont pas seuls. Il est primordial d'écouter son corps, de s'entourer de bienveillance et de continuer à se faire plaisir malgré les contraintes. Enfin, n'hésitez surtout pas à contacter les associations vous-mêmes si les contacts ne vous sont pas proposés à l'hôpital. Rencontrer des personnes de mon âge m'a vraiment aidé psychologiquement. Je voudrais aussi rappeler que c’est normal de ne pas être tout le temps positive et d’avoir des coups de mou. Le principal est de s'écouter et d’essayer de profiter du moindre bout de lumière qu’on voit. »

Maladie de hodgkin et lymphomes non hodgkiniens

Un lymphome est un cancer du système immunitaire qui se développe quand une erreur survient au niveau de la fabrication des lymphocytes, conduisant à la production de cellules anormales.

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