Comment garder l'espoir ...

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Vinie-1406

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien.

Je ne sais même pas vraiment par où commencer… J’ai tellement de choses dans la tête et surtout dans le cœur.

Vendredi, mon mari a reçu sa deuxième ligne de chimiothérapie, le protocole FOLFIRI, avec une dose réduite en raison de son bilan hépatique très perturbé.

L’oncologue est venue dans sa chambre pour nous expliquer le nouveau protocole. Elle nous a dit que l’objectif était de freiner la maladie, ou au mieux de la maintenir stable.

C’est moi qui ai demandé : « Est-ce que ce traitement peut aussi réduire les lésions ? Est-ce qu’il peut, malgré tout, faire disparaître la maladie ? »

Je sais qu’il faut nous dire la vérité. Je ne veux pas qu’on nous mente. Mais j’aurais tellement aimé qu’au milieu de cette vérité si difficile, on nous laisse aussi une petite place pour l’espoir… même un tout petit espoir.

Parce qu’aujourd’hui, nous avons surtout le sentiment qu’on nous a déjà condamnés.

Mon mari le ressent aussi. Il a cette impression terrible qu’il n’y a plus d’issue, qu’il faut simplement subir, accepter et devenir fataliste. Et moi, je n’arrive pas à m’y résoudre. Je ne peux pas.

Je suis en colère. Tellement en colère. Et tellement triste.

Je lui ai parlé de la CHIP, d’autres protocoles, d’autres traitements, d’éventuels essais cliniques… J’essaie de chercher des portes, n’importe quelle porte qui pourrait encore s’ouvrir. Mais à chaque fois, j’ai eu l’impression que tout était balayé d’un revers de main. Comme si tout était déjà écrit. Comme si nous n’avions plus le droit d’espérer quelque chose qui sorte du protocole prévu.

Et ça me fait terriblement mal.

La veille, mon mari avait passé une endoscopie et plusieurs lésions auraient été retrouvées au niveau du foie. La maladie semble avoir progressé très rapidement. En seulement 57 jours, son ACE est passé de 16,15 à 55,21.

Entre le PET-scan de fin mai et celui de fin juillet, nous sommes passés de deux lésions au péritoine à plusieurs lésions, avec également des lésions suspectes au niveau de la rate et du foie.

Tout s’accélère tellement vite que j’ai l’impression de ne plus avoir le temps de respirer.

Vendredi soir, je n’ai pas réussi à rester avec toutes ces questions dans ma tête. J’ai appelé l’oncologue pour lui demander ce que signifiaient toutes ces nouvelles lésions.

Elle m’a simplement dit : « Le cancer est agressif. »

Alors je lui ai demandé :
« Mais qu’est-ce que ça veut dire, agressif ? Est-ce que ça veut dire que je serai veuve avant mes 50 ans ? »

Et elle m’a répondu :
« Probablement. »

Je crois que je n’oublierai jamais ce mot.

Probablement.

Comment peut-on entendre ça et continuer à avancer normalement après ?

Je suis rentrée dans une réalité que je n’arrive même pas à accepter. J’ai peur. Une peur viscérale. La peur de perdre l’homme que j’aime. La peur de devenir veuve alors que nous avons encore tellement de choses à vivre ensemble.

Je ne demande pas qu’on nous fasse de fausses promesses. Je sais que la situation est grave. Je sais que la maladie est agressive. Je sais que les choses sont difficiles.

Mais j’aurais besoin qu’on se batte avec nous.

Qu’on nous dise : « Voilà ce qu’on peut tenter. Voilà ce qui existe. Voilà les possibilités, même si elles sont faibles. Voilà les centres à contacter. Voilà les essais cliniques auxquels on peut regarder. »

J’ai besoin qu’on me dise qu’il reste quelque chose à chercher.

Parce que moi, je ne peux pas simplement m’asseoir et attendre.

Je ne peux pas regarder mon mari et me dire que tout est déjà joué.

Je veux me battre pour lui. Je veux chercher. Je veux croire. Même si cet espoir est minuscule, même s’il est fragile, même s’il fait peur.

Je veux pouvoir me dire que nous aurons tout essayé.

Aujourd’hui, je suis anéantie. Je suis en colère, profondément triste, terrifiée… mais malgré tout, au fond de moi, il y a encore cette petite voix qui refuse d’abandonner.

Je ne suis pas prête à condamner mon mari. Et tant qu’il y aura une piste, une possibilité, un essai, une porte entrouverte quelque part, je continuerai à chercher.

Si vous avez des centres, des professionnels qui ne condamnent pas le patient, je veux bien les coordonnées. 

A 43 ans, je me refuse d'imaginer ne pas vieillir avec l'homme que j'aime depuis 26 ans. 26 ans d'amour, je refuse que tout s'arrête. 

SVP , aidez-moi ...

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Dr A.Marceau

Bonjour,

Votre message est très émouvant et je comprends votre détresse. Freiner la maladie ou mieux, la stabiliser, ne doit pas vous faire perdre tout espoir. Car nombreux sont aujourd'hui les patients qui vivent avec un cancer stabilisé bien que métastatique. Nous en avons des exemples sur ce forum et j'espère qu'ils viendront témoigner afin de vous donner des raisons d'espérer encore.

Bien sûr, vous pouvez solliciter un second avis si pour pensez que l'oncologue qui soigne votre mari ne tente pas tout ce qu'il est possible de proposer. 

Cordialement

Dr Marceau

mich27

Bonsoir Vinie. Je comprends votre désespoir devant les mots si durs de votre oncologue. Je sais aussi que le moral est tellement important pour combattre la maladie et vous avez raison de chercher toutes les pistes et ne pas baisser les bras. J’ai été soigné à Paris à l’hôpital Saint-Antoine et le personnel soignant a été vraiment exceptionnel. Je sais que des malades viennent de toute la France pour voir le professeur qui m’a opéré et qu’il est possible d’avoir un premier rendez-vous rapidement car c’est son souhait pour offrir les meilleures chances de soin. Je pourrai vous donner ses coordonnées si vous le souhaitez et en tous les cas je vous envoie plein d’ondes positives pour vous et votre mari.

Michel 

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Vinie-1406

Bonjour Michel,

Je vous remercie de votre message . Je veux bien les coordonnées afin de me rapprocher de ce Professeur.

Je suis persuadée que y a encore quelques choses à faire.  Si je dois contacté des tas de personnes je le ferrais.

Je suis choquée et terrifiée, que dès le début d'une 2ème ligne, d'un nouveau protocole, on m'annonce une espérance de vie, comme-ci on condamnait mon mari.

Donc je dois trouvé des professionnels de santé qui sont là pour sauver et pas juste suivre des protocoles tout fait sans chercher plus loin que leur bout du nez.

Merci beaucoup, en espérant vous lire très vite. 

 

mich27

Bonsoir Vinie. Je vous propose de prendre contact avec le professeur Yann Parc chef de service à l’hôpital Saint-Antoine à Paris 12e. C’est une personne très accessible et j’espère qu’il pourra vous recevoir rapidement et vous proposer des traitements curatifs. Vous pouvez prendre rendez-vous sur doctolib en consultation publique ou par téléphone au 01 49 28 XX XX c’est un numéro direct je l’effacerai dès que vous m’aurez confirmé l’avoir noté car je ne sais pas si c’est autorisé sur le forum . Je suis content si j’ai pu vous aidez un peu. Ne perdez pas espoir et essayez de passer une bonne soirée.

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Vinie-1406

Bonjour Michel, 

Je vous remercie de votre message. Le numéro est bien noté.

C'est grâce à des personnes comme vous que j'ai repris espoir. Mille mercis 

A bientôt 

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rob

Bonjour Vinie ,

Le  l'ai toujours dit sur ce forum que le cancer est inhumain et qu'il détruit tout sur son passage et apporte énormément de tristesse , heureusement grâce au progrès de la médecine beaucoup de malades guérissent , d'autres on de longue rémission et malheureusement certain n'en réchappe pas , a ce stade là un autre avis me parait judicieux pour mettre tous les chances de son côté .

Bon courage à vous deux et malgré tout garder le moral .

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FH52

Bonjour Vinie,

J'ai également 43 ans et mon mari a un cancer du poumon métastasé (lésions au foie, sur les os - triatées par rayons et chirurgie, et une petite métastase au cerveau). En décembre, l'oncologue a dit à mon mari, à qui je tenais la main, que ça "irait très vite". En insistant à plusieurs reprises "vous comprenez ce que je veux dire, ça ira très vite". 

J'ai eu comme vous la sensation de tomber dans un puits dans fond, sans espoir avec l'oncologue qui me regardait du haut du puits. Une spirale atroce, sans la moindre brindille pour me raccrocher... et notre fille à récupérer à l'école une heure après.

J'ai passé des jours à pleurer, à avoir la sensation du sol qui se dérobe sous mes pieds, à regarder les gens vivre normalement alors que moi, ma vie était un enfer... et surtout à être écrasée de chagrin et de peine et de pitié pour mon mari.

L'oncologue a même expliqué ce jour-là qu'il faudrait mettre des grosses doses de chimio à mon mari mais qu'il était trop faible donc il allait lui donner des petites doses de chimio. L'horreur absolue. Je pleure de nouveau en pensant à cela.

C'était un vendredi matin.

Le mardi, l'oncologie revoit mon mari (j'ai décidé de ne plus jamais le rencontrer, je ne peux pas, je n'en ai pas la force) et lui dit : "bon, votre cas a été étudié en rcp hier soir et on va tenter les grosses chimios. Allez, on va essayer. Il y a une petite chance que ça marche". 

Et contre toute attente, mon mari va mieux aujourd'hui. Son cancer est stabilisé. Pour combien de temps, je l'ignore. Je marche sur un fil, avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. Mais aujourd'hui, il va très bien. Mon mari a revu son oncologue récemment qui lui a dit : "vous êtes costaud quand même" (il devait se souvenir de ce cas jugé désespéré). 

J'imagine votre angoisse, votre chagrin, votre peine. Mais il faut y croire. On m'a dit un jour : "tant qu'il y a de la vie, il y a de la vie". Et c'est vrai. 

On ne sait jamais comment le corps réagit.

N'hésitez pas à demander un autre avis ou, comme ce fut le cas pour mon mari, une réunion de concertation pluridisciplinaire. Si elle n'avait pas eu lieu, si le cancérologue de mon mari avait décidé seul, mon mari serait mort aujourd'hui. Déjà on a gagné 9 mois. 

 

En ce qui concerne la "vérité" médicale, pour avoir subi une consultation avec un oncologue "cash", personnellement je ne le supporterai pas. Je n'aurais pas eu la force de me battre si un médecin m'avait enterrée directement. Mon mari si. Lui me dit que toute sa vie, il a dû se battre alors il continue. Moi, si on m'avait parlé comme on lui a parlé "ça ira très vite", etc. sans aucun espoir, je me serais laissée mourir. 

On peut dire la vérité mais pour vivre, on a besoin d'une branche, d'un petit espoir aussi petit soit-il. 

 

N'hésitez pas à demander un autre avis. Je vous souhaite beaucoup de courage. 

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philou29

Le passage en rcp est une obligation dans le parcours. Mais si l'oncologue, qui est la courroie de transmission avec le patient n'est pas pédagogue et pas motivé plus que ca, le patient reste dans le flou et je crois que c'est ce qu'il y a de pire. Certains oncologues n'ont pas compris je crois que, s'il y a des patients qui ne veulent rien savoir, la majorité souhaite avoir sur la table les différentes options et être impliqué dans les choix. Nous ne sommes pas que des numéros avec des protocoles a appliquer, même si tout cela est très codifié avec les premières lignes, deuxième lignes... 

Souricette

Bonjour Vinie,

Votre message m'a bouleversé à tel point que je n'ai pas eu le cran de vous écrire hier soir. 

J'ai pensé à vous en m'endormant et ce matin, je me saisi de mon clavier :

Ce que vous traversez est terrible mais il faut garder espoir. Même infime, même riquiquiqui, mais il faut s'accrocher, encore et toujours. 
C'est le propre de la vie, l'espoir !
Nous passons notre vie à espérer quelque chose : une augmentation de salaire, les vacances, les beaux jours, rencontrer le Prince Charmant, la réussite des enfants, etc.., etc..., la vie n'est faite que d'attentes et d'espoirs, et, croire en Dieu, c'est bien espérer, non ? et, si vous n'avez plus la force d'espérer, alors, ici, nous espérerons pour vous !

Le témoignage de FH52 est puissant et devrait vous permettre de vous raccrocher à un diagnostic moins cata, et sans doute, à envisager un second avis. 
Je ne sais pas si vous êtes en région parisienne, mais, mon mari et moi-même avons tous les deux, comme Mich27, été soignés à Saint Antoine (Paris 12ème) et je ne peux que recommander cet hôpital.

J'espère (vous voyez, là encore, j'espère), que le soleil va se lever ce matin pour vous, même timide, même pâlot, mais qu'il va adoucir votre chagrin, votre colère (bien légitime, on est d'accord).
 

 

 

Yvette90

Bonjour Vinie. C'est vrai, votre message est bouleversant et je comprends parfaitement votre angoisse surtout après les paroles si dures de l'oncologue qui ne doit pas savoir ce qu'est l'empathie mais je vais vous conter l'histoire de mon beau-frère. Il y a 5 ans, il venait d'être opéré d'un deuxième cancer au colon et le chirurgien - propos confirmé par l'oncologue - avait dit à ma sœur qu'il n'y avait plus rien à faire. Son mari en avait au plus pour quelques semaines. Ne voulant pas mourir à l'hôpital, celui-ci a demandé de rentrer chez lui. Une hospitalisation à domicile a donc été mise en place et contre toute attente, mon beau-frère a survécu et il va bien. Les docteurs n'en reviennent pas. Comme quoi le corps ne réagit pas toujours comme le pense les docteurs et du fond du cœur, je souhaite qu'il en soit d même pour votre mari. 

Bon courage à tous deux

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