Quand la maladie touche à la fertilité
L’annonce d’un cancer peut être synonyme de grande anxiété avec une tornade d’informations concernant le cancer : son diagnostic, son pronostic, ses traitements, leurs effets secondaires. Dans ce tumulte, parler de fertilité peut sembler délicat, voire secondaire. Pourtant, c'est aussi une lueur d'espoir qui ouvre la porte à l'avenir, à la vie après le cancer.
L'importance d'être informée pour protéger sa fertilité
Lors de l’annonce d’un cancer, beaucoup d’informations sont transmises sur la maladie, le protocole de traitement. Parler de fertilité peut alors sembler moins urgent ou important. Pourtant, vous devez être informées le plus tôt possible dans le parcours de soins, et en particulier avant les traitements pouvant impacter les organes reproductifs. Si cela n’est pas le cas, n’hésitez pas à aborder le sujet en consultation.
En effet, certains traitements du cancer peuvent altérer la fertilité, c’est-à-dire la possibilité de concevoir un enfant ; en particulier la chimiothérapie, la radiothérapie lorsqu’elle comprend les ovaires, ou les chirurgies emportant les ovaires et/ou l’utérus.
De plus, après le traitement d’un cancer, un délai est souvent nécessaire avant de pouvoir envisager une grossesse. Les raisons de ce délai sont souvent multiples (par exemple, terminer les traitements anticancéreux qui sont incompatibles avec la grossesse, avoir du recul par rapport au cancer et son risque de récidive, etc.).
Bon à savoir
100 % de prise en charge
pour toutes les femmes jusqu'à 43 ans pour la congélation des ovocytes et 45 ans pour leur réutilisation.
31 centres CECOS
(Centre d’Etude et de Conservation des OEufs et du Sperme humains) sont répartis en France afin d'en faciliter l'accès à chaque patient.
L'histoire de Sara
Sara, 31 ans, a été diagnostiquée d’un cancer du sein en 2024.
« Quand ma généraliste m’a annoncé mon cancer, je me sentais coupable. Je ressentais une forme de culpabilité à l’égard de mon mari et de mes parents. La généraliste avait peu d’informations, elle ne m’a pas dit grand-chose. Elle ne savait pas me dire si c’était grave, agressif, etc., j’ai commencé à me faire des films. Heureusement, la chirurgienne de l’institut de cancérologie m’a ensuite donné beaucoup d’informations.
Avec mon mari, nous étions en projet bébé juste avant l’annonce du cancer. Ma plus grande question était de savoir si la tumeur allait avoir un impact. On a alors évoqué la préservation de la fertilité. Par la suite, j'ai dû effectuer une tumorectomie et un curage tout en faisant un cycle pour préserver au mieux la fertilité.
J'ai enchaîné avec 14 séances de chimiothérapies, j’avais beaucoup de douleurs musculaires et de neuropathie lors des ces séances. »
L'histoire de Cassandre
Guérie de la maladie depuis 4 ans, Cassandre a dû faire face à des nombreuses chimiothérapies.
« Les chimiothérapies ont de nombreux effets secondaires et notamment jouent un rôle sur la fertilité. Malheureusement depuis mes 17 ans, je suis atteinte d'une insuffisance ovarienne qui me conduit à avoir recours à un processus de conservation d'ovocytes jeune.
Le principe est assez simple, je suis un protocole de 15 jours de piqûres d'hormones et à la suite de ce protocole, je subis une intervention chirurgicale afin de récupérer les ovocytes viables au sein de mes ovaires. À la suite de l'intervention, les biologistes procèdent à la congélation de ceux-là au sein d'un CECOS.
Actuellement, j'en suis à mon troisième traitement et si je peux être sincère, les deux premiers n'ont pas été très efficaces mais on garde espoir car le nouveau protocole est le bon. Grâce à ces traitements, plus tard si je rencontre des difficultés à avoir un enfant de manière naturelle, je pourrais essayer la méthode médicale via une fécondation in-vitro. »
L'histoire de Laura
Laura a été diagnostiquée en avril 2026 suite à la découverte d'une masse très volumineuse sur son sein droit. Les résultats sont tombés quelques jours après avoir effectué plusieurs examens dont une échographie mammaire, une mammographie et une biopsie. Elle a appelé ses proches après les examens et leur a annoncé qu'il y avait beaucoup de chance que ça soit un cancer du sein, ayant eu plusieurs cas dans leur famille.
Laura : « l'annonce a été faite de but en blanc et même en s'y attendant, c'était assez brutal. Surtout à 28 ans... À la suite de l'opération, j'ai eu un mois de convalescence. Au vue de mon âge et du fait que je suis maman d'un petit bout de 2 ans, on me propose une conservation de la fertilité au CECOS de Marseille. J'accepte, car avec mon fiancé on voulait un deuxième enfant.
J'enchaîne les piqûres pour stimuler les ovocytes, des échos pelviennes toutes les 48 heures. Je ne peux pas assister au baptême de mon unique neveu car ça tombe pile sur les dates d'une potentille ponction. Tout est ok du côté des ovocytes. Je me fais ponctionner fin mai 2026, j'ai 10 ovocytes au congélateur. On me dit que c'est au cas où et que je n'en aurais possiblement pas besoin.
Pour toute cette première partie, je vais à Marseille. Les équipes ont été parfaites et ont répondu à mes nombreuses questions. »